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Parentalité Créative

Gérer les problèmes de sommeil avec des astuces simples

Être parent la nuit

Ma première expérience de cododo, je l’ai vécue avec ma belle-fille. Elle avait environ 4 ans lors de sa première visite chez nous et refusait obstinément de dormir seule dans une chambre. Après avoir téléphoné à sa maman, l’avoir emmenée faire un tour au square faire de la balançoire en pleine nuit, j’ai installé un petit canapé contre le lit où nous dormions son père et moi, il n’en a pas fallu plus pour qu’elle s’endorme rassurée.

 

À cette époque-là, je voyais le sommeil comme une sorte d’apprentissage, ou plutôt d’habitude. Il fallait dormir la nuit, cela ne se discutait pas. J’ai compris bien plus tard, qu’un enfant ne peut pas s’endormir quand il ne se sent pas en sécurité, et cette sécurité lui est donnée par la présence de ses figures d’attachement. Cela semble simple, mais quel parcours pour en arriver là… J’ai commencé par suivre les injonctions hospitalières de ne surtout pas faire dormir mon premier bébé dans ma chambre au-delà de quinze jours. De là, pour arriver un sommeil apaisé avec mes enfants, il y a eu tout un processus de prise de conscience, des expériences diverses menées pour dormir mieux et plus longtemps.

Besoin de dormir

Oui, j’avais besoin de dormir, et ce qui m’a surprise, c’est que mes attentes ne correspondaient pas avec la réalité. Le besoin de dormir toute la nuit me faisait lutter énergiquement pour retrouver un rythme auquel j’avais moi-même été conditionnée. Bébé, j’ai pleuré les trois premiers mois de ma vie, et par la suite, même si le lit familial m’était ouvert le matin de certains jours de vacances, ce paradis m’était généralement interdit.

Après la naissance de mon premier bébé, dormir toute la nuit et sans interruption n’était plus possible, et ma déception me vidait de mon énergie. Je m’attendais à autre chose, un bébé qui dormirait selon les standards promis à l’époque. Quand mon troisième enfant se réveillait vingt fois par nuit à 18 mois, non seulement je comptais ses réveils mais je regardais l’heure. Le réveil était devenu mon ennemi. Tout cela dans le but d’observer une diminution de la fréquence de ses demandes. Nous dormions ensemble, mais je n’avais accompli qu’une partie du chemin. Je voyais le cododo comme un projet qui prendrait fin, et je regardais le bout du tunnel dans l’espoir d’y voir une quelconque lueur.

Dormir ensemble, un mode de vie

Dormir était devenu une sorte de Graal ! Et puis, peu à peu, dormir ensemble est devenu un mode de vie. Entre les informations prises sur le sommeil des nourrissons et des enfants, les partages d’expérience en groupe de parents, et le plus important, les réactions de mes enfants à cette proximité la nuit, notre lit est devenu un lit familial. Un lieu d’accueil chaleureux où ils ont fait l’expérience de passer toutes leurs nuits. Ils ont aussi parfois expérimenté de dormir entre frères et sœurs, de dormir seuls, puis de revenir au lit familial, d’y puiser du réconfort quand ils étaient malades ou qu’ils traversaient une période difficile et de repartir rechargés et confiants. De mon côté je n’ai plus compté les réveils nocturnes, et avec l’acceptation de cette situation, j’ai beaucoup mieux dormi, même si mon sommeil était parfois fractionné.

Écouter ses besoins de sommeil

Quand on a un bébé, on ne peut pas s’attendre à dormir sans interruption pendant la période où l’enfant essaie de s’adapter à son nouvel environnement. Après avoir vécu neuf mois dans un milieu chaud et humide, le corps de sa mère, le voilà exposé à l’air libre, et la proximité de ses parents, le contact peau à peau vont l’aider à apprivoiser sa nouvelle vie. Une vie où tout est à apprendre, à expérimenter, où les désagréments de la mise en route des fonctions de digestion et de respiration peuvent être douloureux, où il aura besoin d’être rassuré en permanence. Sans compter que nos propres émotions difficiles l’envahissent.

Que vous souhaitiez ou pas dormir avec votre bébé, le premier défi va consister à écouter ses besoins de sommeil. Tout comme les bébés et les bambins sont le plus souvent aujourd’hui nourris à la demande, écouter les besoins de sommeil pourrait suivre le même chemin. et que vous soyez prêts à accepter que votre enfant dorme quinze minutes sous une table, dans un train à vos pieds, en voiture pendant un trajet, ou n’importe où, quand il va ressentir le besoin de faire une sieste d’autant plus récupératrice que son corps la lui réclame. S’il est écouté dans la manifestation de ses besoins, un enfant va prendre confiance en lui et dans les adultes qui prennent soin de lui, et il sera probablement plus à l’écoute de lui-même une fois adolescent et adulte.

La première idée en la matière est que l’on dort d’autant mieux quand on a sommeil.

Dormir avec lui

Dormir avec lui semble une option facile : les phases de sommeil se synchronisent entre parents et bébé avec la proximité, ce qui a pour résultat que l’on se sent moins fatigué, et l’enfant abandonnera le lit familial lorsqu’il se sentira prêt. Quand se sentira-t-il prêt ? Votre enfant va faire la nuit ce qu’il fait en journée lorsque vous êtes présents : des allers-retours plus ou moins fréquents vers sa figure d’attachement principale pour se recharger en sécurité. À peu près toutes les avancées vers l’autonomie se font avec des régressions successives. Le sommeil ne fait pas exception à la règle. Alors que ma dernière fille avait quitté le lit familial depuis longtemps, elle y revint pendant un mois après avoir été effrayée par un film au cinéma. Autour de 18 ans, elle attrapa la rougeole et revint élire domicile dans ce havre d’attention et de soins.

Nombreux sont les parents travaillant à l’extérieur dans la journée qui relatent que leurs enfants dorment avec eux la nuit, un peu comme s’ils rattrapaient leur besoin de présence. Cela fonctionne dans les deux sens, car les parents sont aussi parfois très heureux de se réveiller aux côtés de leurs petits.

 

Comment rester amants avec des enfants dans notre lit [1] ? La chambre que vous aviez prévue pour lui, pourrait vous servir de chambre d’amoureux. Une pièce entièrement dédiée à votre couple, cela vous fait-il envie ? Il y a de nombreux moments dans la journée où l’on peut faire l’amour, la sieste peut s’avérer délicieuse ! Alors que parfois, la nuit, nous sommes bien trop fatigués pour faire autre chose que dormir.

Vous ne voulez pas dormir avec vos enfants

C’est avec la dernière énergie que vous luttez contre cette idée qui ne convient pas toujours à tout le monde. Sachez tout d’abord que les sécrétions d’adrénaline sont contagieuses et que si vous vous énervez au moment du coucher, votre enfant ne s’endormira pas. Vous vous énerverez ensemble.

 

Voici une idée que j’ai trouvé dans le livre de Jeannette Toulemonde Le quotidien avec votre enfant  :

Installer dans sa chambre un petit matelas de mousse et mettre au-dessus un cadre en mousse du même périmètre peut faire un petit nid. Si vous ajoutez un matelas une place à côté, vous pourrez aller réconforter votre enfant la nuit tout en vous reposant.

Ce petit matelas au sol présente l’avantage de donner le contrôle à l’enfant, qui peut à tout moment aller rejoindre son petit lit mais aussi avoir la sécurité de pouvoir en sortir.

Un rituel du coucher

Ensuite, la mise en place d’un rituel, sorte de conditionnement au sommeil où la pénombre, la chaleur, la douceur prévaudront, aidera votre enfant. Un éclairage à sa portée pourrait également le rassurer.

Une histoire qu’il aime, le jeu du marchand de sable [2], un ton de voix très calme pourront l’aider à entrer dans le sommeil. Synchroniser votre respiration avec la sienne, allongé à côté de lui, mettre doucement votre main sur ses yeux, écouter ensemble des séances de relaxation, lui proposer des petits massages de pieds, tout ceci peut donner l’attention et la sécurité dont l’enfant a besoin pour s’endormir.

Être présent quand votre enfant s’endort et à chaque fois qu’il pleure ou qu’il vous appelle, le laisser vous rejoindre ou répondre à son appel quand il en a besoin, accepter que ces premières années sont des années de transition entre le ventre maternel et la vie à l’air libre : ces pratiques aimantes forment comme une sorte de cordon ombilical extérieur qui s’effilochera peu à peu, lentement et sûrement.

L’épuisement vous guette ?

Prenez soin de vous autant que possible, dormez dès qu’une fenêtre d’opportunité se présente : une sieste de votre enfant par exemple, un transport où il vous est possible de vous relaxer… Usez et abusez des micro-siestes et de séances de relaxation et de méditation dès que cela s’avère possible, y compris avec votre ou vos enfants. Pour un temps, faire baisser tous les niveaux d’exigence que nous avons concernant l’entretien du lieu de vie, les repas, etc. peut vraiment améliorer notre niveau d’énergie. Ils ont aussi parfois expérimenté de dormir entre frères et sœurs, de dormir seuls, puis de revenir au lit familial, d’y puiser du réconfort quand ils étaient malades ou qu’ils traversaient une période difficile et de repartir rechargés et confiants.

Parfois, s’asseoir et fermer les yeux cinq minutes permet de récupérer un peu. Chaque jour qui passe vous rapproche d’une évolution du sommeil de votre enfant. Vous constaterez que peu à peu il dort la nuit presque autant que vous. Autour de quatre ans, mes enfants ont franchi ce cap, avec des retours en arrière dus aux circonstances.

 

Dormir ensemble, et ce à n’importe quel âge, répare, crée des liens, rassure… C’est un moyen de retrouver son équilibre. La nuit, nos angoisses et inquiétudes diverses refont surface car nos systèmes de protection habituels sont en veille. C’est exactement la même chose pour les enfants, ils peuvent être inquiets la nuit lorsque leurs expériences dans la journée ont été difficiles. Être proche d’eux à ce moment-là les aidera à cheminer vers l’apaisement.

 

Catherine DUMONTEIL-KREMER

 

[1] Voir le dossier du n° 17 sur le couple

[2] Jeu de société de Stefanie Rohner et Christian Wolf, où l’on peut associer un bon moment de la journée à une étoile luminescente.

 

Tiré de PEPS magazine 

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