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Psychologie positive et parentalité

Psychologie positive : définition

La psychologie positive est une discipline de la psychologie fondée officiellement en 1998 lors du congrès annuel de l’Association américaine de psychologie par son président de l’époque, Martin E. P. Soliman (cf. son discours publié en 1999 dans le journal de l’APA, The American Psychologist). Cependant, la psychologie positive a des racines plus anciennes. La psychologie positive ne doit pas être confondue avec la pensée positive, une pseudo-science basée sur l’autosuggestion, faisant l’objet de nombreux best sellers vendus à des millions d’exemplaires à travers le monde depuis les années 19503. La psychologie positive s’intéresse surtout à la santé et au bien-être, à ce qui rend les humains résilients, heureux, optimistes, plutôt qu’aux sources des psychopathologies. L’hypothèse de la psychologie positive est qu’en étudiant pourquoi et comment certains animaux et certaines personnes surmontent mieux que d’autres les difficultés de la vie, il sera possible de trouver des moyens de développer ces qualités chez tout un chacun. Son objectif est de promouvoir l’épanouissement (en anglais, flourishing) et l’accomplissement de soi (en anglais, fulfillment), au niveau individuel, groupal et social. La psychologie positive « étudie ce qui donne un sens à la vie », selon son fondateur, Martin E. P. Seligman. C’est l’étude des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être. Ce domaine de la psychologie s’inscrit ainsi dans la tradition de la psychologie expérimentale dont elle utilise les méthodes, basées sur la validation d’hypothèses, et elle se rapproche dans ses concepts de la psychologie humaniste (dont elle diffère surtout par ses méthodes). Ses concepts et méthodes peuvent aussi emprunter à d’autres disciplines de la psychologie, des neurosciences et des sciences humaines. La psychologie positive a rapidement connu un franc succès auprès du grand public. Elle offre de nombreuses pistes de développement de soi sur des thèmes universels (joie de vivre, succès, etc.).

 

Psychologie positive : caractéristiques

La psychologie positive, à travers une méthode scientifique, cherche à déterminer ce qui rend une personne épanouie, qui va de l’avant, franchit les difficultés et va toujours vers un plus grand bonheur. Elle permet de réfléchir à l’amélioration du bien-être humain, en se concentrant sur l’étude de ce qui construit la santé, et non seulement sur ce qui l’entrave.

 

Elle s’intéresse au fonctionnement optimal de l’être humain à travers plusieurs caractéristiques :

 

  • Les expériences subjectives, comme les émotions positives : le bonheur, le bien-être, la satisfaction et l’optimisme.
  • Les capacités de résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter un événement difficile (deuil, perte d’emploi, ou rupture amoureuse par exemple).
  • Les traits de personnalité positifs comme la gratitude, la sagesse, le courage, ou la curiosité.
  • Les valeurs positives véhiculées par la société, comme le respect, la civilité et le travail.

 

Son objectif est de développer la capacité à aimer et à être aimé. Elle permet de donner du sens à ses actions, de se sentir responsable de ce que l’on peut changer, et d’être résilient face à ce que l’on ne peut pas éviter.

 

Psychologie positive : au quotidien

La psychologie positive est très accessible et populaire auprès du grand public. Elle permet de développer et de gérer de nombreux aspects de la vie comme la joie de vivre, le succès, la confiance en soi, les projets personnels, ou les événements difficiles par exemple. Il est donc très facile de l’appliquer au quotidien.

 

Elle utilise différentes techniques :

 

  • Écrire dans un journal (au moins une fois par semaine) les événements les plus positifs qui ont été vécus et la façon on y a contribué.
  • Établir de nouvelles relations régulièrement en communiquant avec les nouvelles personnes que l’on rencontre.
  • Communiquer ses émotions avec son entourage, sans refouler ni garder pour soi.
  • Développer son attention sur le moment présent.
  • Développer sa créativité pour résoudre des problèmes.

 

Elle encourage l’épanouissement personnel et le fonctionnement optimal à travers le développement de toutes les potentialités de la personne. L’ouverture à de nouvelles possibilités de progrès au quotidien permet de lutter contre le sentiment d’enfermement et de routine.

 

La psychologie positive : s’intéresse aussi aux bien-portants

Les premières pierres de la psychologie positive ont été posées dans les années 1960 par le psychologue humaniste américain Carl Rogers. Ce dernier avait forgé le concept de « fonctionnement optimal de la personne », bien que peu de mesures standardisées aient été utilisées à l’époque pour l’évaluer. Un autre psychologue humaniste américain, Abraham Maslow, souligna aussi les biais de la psychologie, mieux armée pour identifier les pathologies que les potentialités humaines. Mais ce n’est que récemment qu’un courant de recherche structuré s’est focalisé sur les potentialités humaines. Ce courant – la psychologie positive – s’intéresse au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions. Contrairement à une tendance longtemps dominante en psychologie, cette approche du fonctionnement humain ne se focalise plus sur les dysfonctionnements de l’être humain, ne cherche plus uniquement à alléger la souffrance psychique, à soigner les troubles mentaux ou à remédier aux pathologies sociales. Elle étudie les mécanismes psychologiques qui aident les personnes à se développer et à se prémunir contre les effets du stress et contre les troubles mentaux qui peuvent survenir au cours de la vie. La psychologie positive vise à aider chacun à donner un sens à sa vie personnelle et sociale, et à l’aider à être plus heureux.

 

La psychologie positive : la pièce manquante à l’étude du comportement humain

La psychologie moderne se penche sur les carences, les faiblesses et les angoisses humaines en cherchant à minimiser ou à éliminer la souffrance psychique. Seligman et Csikszentmihalyi constatent que depuis la seconde guerre mondiale, la psychologie s’est principalement focalisée sur la réparation d’un dysfonctionnement ou d’un trouble. Cette attention centrée vers ce qui est « pathologique » n’a pas permis, selon eux, de considérer l’individu dans la globalité de ses facettes et de ses capacités. La psychologie positive fait le pari inverse : elle ne projette pas d’éliminer les sources de tous les traumatismes mais ambitionne de maximaliser les émotions positives en se basant sur les potentialités et les vertus de l’homme.

 

La psychologie positive : une psychologie tournée vers les expériences positives

La psychologie positive s’intéresse aux expériences positives de l’existence du sujet que ce soit au passé (bien-être, contentement, satisfaction), au présent (bonheur et expérience optimale) ou au futur (espoir et optimisme). A l’échelle individuelle, elle étudie, par exemple, la capacité d’aimer, le courage, la persévérance, l’originalité ou la sagesse. Elle prend aussi en compte les qualités civiques de l’individu, son niveau d’altruisme, de tolérance ou bien encore ses aptitudes relationnelles et sa faculté à nouer des liens avec autrui. Ainsi, pour les auteurs, la psychologie positive doit servir au plus grand nombre, y compris aux personnes « sans troubles apparents » puisque chacun a besoin de modèles, d’exemples et de conseils pour atteindre l’existence la plus épanouie possible.

 

La psychologie positive : une science née dans un jardin

Le récit de la naissance de la psychologie positive est tout aussi charmant que poétique. Le professeur Seligman aurait sans doute beaucoup à dire au Candide de Voltaire. C’est en cultivant son jardin avec sa petite fille que lui est venue la conviction de revisiter la psychologie et de créer cette nouvelle branche.  Alors qu’il tond la pelouse dans une humeur bougonne, l’enfant lui rappelle qu’il peut choisir d’arrêter de râler puisque, elle, peut contrôler ses pleurs. Cette remarque provoque l’effet d’un électrochoc et va bouleverser le reste de sa carrière. Il réalise qu’il a passé 50 années de sa vie à râler et que le meilleur moyen d’éduquer un enfant n’est pas de le gronder automatiquement lorsqu’il fait des erreurs mais de l’aider à identifier ses forces afin qu’ils les évitent de lui-même.

 

La psychologie positive : les défis

Ces quinze dernières années, la recherche scientifique s’efforce de répondre à certaines questions. Comment calculer le niveau de bien-être alors qu’il existe des bonheurs à court terme et un sentiment de joie plus durable ? Comment développer une attitude positive dès l’enfance par le biais de la gratitude ?  Quelles sont les différences entre « plaisir » et « satisfaction » ? Peut-on parler de bien-être collectif ? Optimisme et réalisme sont-ils compatibles ? Autant d’interrogations que la psychologie positive tente de résoudre depuis le début des années 2000.

 

Psychologie positive : de la théorie à la pratique

La psychologie positive se focalise sur la mise en valeur des aspects positifs d’une personne pour augmenter son sentiment de bonheur et d’accomplissement. Mais peut-on vraiment avoir un impact sur notre sensation de bonheur ? Une étude menée auprès vrais jumeaux (homozygotes) a montré que 50 % de notre capacité au bonheur était génétiquement déterminée. Il s’agit d’une ligne de base vers laquelle on revient spontanément indépendamment des circonstances heureuses ou malheureuses que l’on rencontre. Seulement 10 % de notre capacité au bonheur serait liée aux circonstances extérieures de notre vie : richesse ou pauvreté, marié/pas marié… Les 40 % restants relèvent de notre intention personnelle, intentionnelle, délibérée. Cela signifie qu’indépendamment de notre génétique (qu’on ne peut pas changer) et de notre environnement, nous avons une réelle capacité d’action sur notre sentiment subjectif de bonheur et d’accomplissement. Ces 40 % sont précisément le champ d’action de la psychologie positive.

 

La psychologie positive : rester positif en toute circonstance

Une étude a été menée auprès de 4.000 personnes déprimées qui ont utilisé l’approche de la psychologie positive. Pour mettre en œuvre la psychologie positive, il faut mener une série de quatre exercices au fil des semaines. Tout d’abord, l’être humain comportant 24 forces de caractère universelles, il faut identifier les cinq forces qui nous correspondent le plus. On demande alors aux personnes de mettre en œuvre de façon délibérée ces qualités dans le plus de secteurs possibles de leur vie (famille, travail, amis etc.). Ensuite, on demande aux personnes de faire le repérage quotidien (pendant au moins trois semaines) de trois événements positifs survenus dans la journée (à noter dans un cahier le soir avant de s’endormir). Il peut s’agir de quelque chose d’important, d’agréable ou de plaisant. On leur demande également plusieurs fois dans la semaine, d’écrire dans leur cahier les choses pour lesquelles ils éprouvent de la gratitude en étant spécifique : j’éprouve de la gratitude pour la joie que m’a procuré mon enfant hier soir ; j’éprouve de la gratitude pour l’amitié d’un collègue de travail, etc. Enfin, il y a l’exercice de la “description la plus positive de soi”. Pour cela, on demande aux personnes de faire, par écrit, une description la plus positive d’eux-mêmes et du mieux qu’elles pourraient être de leur vie, si tout allait bien pour eux (sans rien critiquer et sans « oui, mais »). Le résultat de cette étude montre que, sur les 4.000 participants, les interventions positives sont plus efficaces (que le groupe contrôle) pour réduire les symptômes dépressifs et améliorer le degré de bien-être. D’autres études confirment l’impact positif des méthodes de la psychologie positive qui sont en train de se décliner dans le monde de la santé (par exemple, dans une étude sur l’observance dans le diabète), dans l’entreprise, dans l’éducation, en psychothérapie… L’idée de base est de promouvoir les qualités plutôt que de vouloir améliorer les défauts. Et cela est efficace.

 

La psychologie positive : un vaste champ d’action

La psychologie positive étudie des choses aussi hallucinantes que l’impact de la gentillesse : par exemple, le fait d’entreprendre une action bénéfique délibérée pour quelqu’un. On trouve également des méthodes pour accroître l’optimisme, en favorisant les projections positives dans l’avenir et en s’efforçant de réduire les projections négatives. La psychologie positive fait également une part importante à la pratique de la méditation de pleine conscience (mindfulness) comme moyen de mieux comprendre et mieux gérer ses émotions et de développer un sentiment de stabilité intérieure (qui fait partie du sentiment subjectif de bonheur). Il existe également de nombreux autres outils. La psychologie positive n’est pas un nouveau code moral qui dit de faire le bien. Il s’agit d’une discipline scientifique qui étudie comment nous pouvons être acteur de notre propre bonheur. Cela vaut le coup d’essayer.

 

Pour de plus amples informations, nous vous proposons les définitions et les explications des termes : éducation bienveillante, éducation positive et parentalité bienveillante.

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