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C’est quoi l’éducation bienveillante ?

Education bienveillante : définition

Il s’agit d’une éducation basée sur l’empathie et le respect de l’enfant, axée sur l’attitude du parent vis-à-vis de l’enfant. Cette manière d’éduquer s’oppose à toute forme de violence et s’appuie sur des principes simples tels que « préserver l’intégrité de l’enfant et le considérer comme un être humain à part entière, afin qu’il existe tel qu’il est, lui donner le droit de ressentir des émotions et de les exprimer comme bon lui semble », explique Stephan Valentin, docteur en psychologie et spécialiste de la petite enfance. Il ajoute que le parent doit « prendre en compte les besoins de l’enfant comme on prend en compte ceux de tous les membres de la famille ».

 

Education bienveillante : de quoi parle-t-on ?

Récemment, les Caisses d’Allocations Familiales, ainsi que Laurence Rossignol, ont mis en avant l’importance de l’éducation bienveillante pour garantir le plein épanouissement de l’enfant – et par extension celui de l’adulte qu’il deviendra – ainsi que pour prévenir les violences faites aux enfants dans notre pays. Derrière ce terme sont regroupés différentes approches d’éducation, différents courants, tous au service d’une relation à l’écoute des besoins de l’enfant. L’éducation bienveillante repose surtout sur différentes théories, et autres concepts, loin d’être aussi récents qu’on veut bien nous le faire croire.

 

Education bienveillante : la théorie de l’attachement

Les interactions avec l’adulte sont fondamentales. L’un des premiers fondements de l’éducation bienveillante, c’est la théorie de l’attachement. Élaborée par John Bowlby entre les années 50 et 80, cette théorie met en exergue le fait que dans l’enfance, l’humain construit des modèles d’attachement, en fonction des interactions qu’il aura avec les adultes qui l’entourent, et de la façon dont ils sauront, ou pas, répondre à ses besoins. C’est à partir de ces premières expériences infractionnelles que l’enfant va construire sa base de sécurité, et cela va avoir des conséquences sur la façon dont plus tard, il va oser manifester sa détresse, demander de l’aide, et trouvera du soutien ; autrement dit, sur la façon dont il va créer des liens.

 

Education bienveillante : la Communication Non Violente (CNV)

Le langage de l’empathie. La Communication Non Violente est un « langage », une façon de communiquer élaborée par Marshall B. Rosenberg dans les années 70, visant la connexion avec l’autre basée sur l’empathie. Elle découle de l’Approche Centrée sur la Personne de Carl Rogers, dont Marshall Rosenberg a été l’élève. La CNV invite chacun à se centrer sur ses propres besoins, à prendre la responsabilité de leur satisfaction, avec l’aide ou non des autres, auxquels il est alors fait une demande. Cette approche implique de prendre conscience de ses émotions, de savoir les nommer et les traduire en besoins à satisfaire pour ensuite passer à l’élaboration de stratégies visant à cet objectif. Elle invite à sortir du conditionnement induit par notre éducation et notre culture, qui nous amène souvent à poser des jugements moraux, des évaluations, des interprétations, sur ce qui ne sont en réalité que des faits observables par le prisme de notre propre perception. Dans le courant de la Communication Non Violente, ont émergé des approches telles que celles développées par Haim Ginott, et mises en pratique par Adèle Faber et Elaine Mazlish, ou encore Thomas Gordon, qui ont adapté la communication Non Violente à des relations adultes/enfants. Au travers d’ateliers à destination des parents et des éducateurs, tels que les ateliers « parler pour que les enfants écoutent », pour ne citer qu’eux.

 

Education bienveillante : et accompagnement bienveillant

Un accompagnement bienveillant qui s’appuie sur les compétences de l’enfant. En périphérie de tout ça, on retrouve tout un ensemble de pratiques issues du maternage proximal (comme le portage, l’allaitement,) de l’éducation (comme la motricité libre ou la vision de Maria Montessori). Ces approches vont dans le sens d’un positionnement relationnel basé sur la confiance dans les ressources de l’enfant pour aller vers son propre développement, à partir de ses propres expériences sensorielles et motrices. Ce qui implique un soutien, un accompagnement bienveillant de la part de l’adulte, qui devient un tuteur qui accueille, enseigne et transmet à l’enfant par le biais de la relation qu’il construit avec lui, les compétences relationnelles et émotionnelles lui permettant progressivement d’appréhender les contours de sa propre identité et de son unicité. On perçoit alors comment cette éducation bienveillante, invite à une perception de l’enfant comme un être de potentialités, que l’éducation et la relation vont lui permettre de développer. Il y est également question pour nous les adultes, de renoncer à agir dans l’intention d’éduquer à partir d’un projet pour l’enfant, mais de lui offrir des opportunités de découvertes de lui-même. Car, n’en doutons pas, une pleine connaissance et conscience de nous-mêmes, de nos limites, besoins et valeurs, favorisent la rencontre avec l’autre, la responsabilité et la pleine humanité.

 

Education bienveillante : en quoi consiste-t-elle ?

Lorsque nous, qui sommes parents aujourd’hui, étions des enfants, le terme d’éducation bienveillante n’était pas vraiment utilisé. On parlait alors d’éducation au sens large et il y avait un modèle quasi unique, le modèle traditionnel. Ce n’est qu’assez récemment, que l’on s’est intéressé au sujet. Plusieurs « choix », plusieurs modèles de parentalité sont alors apparus. Les différentes manières d’éduquer nos enfants ne sont mises à porter des noms. Depuis quelques années maintenant, on voit un nouveau modèle éducatif se dessiner et prendre de plus en plus d’ampleur face à l’éducation traditionnelle. On l’appelle « éducation bienveillante » ou d‘éducation positive, mais de quoi s’agit-il ?

 

Education bienveillante : est-elle différente du model traditionnel ?

Dans le model éducatif traditionnel, la relation parents-enfants (ou éducateur-enfant) est une relation d’autorité-soumission. On y trouve l’enfant soumis à l’autorité et aux règles de l’adulte. En éducation bienveillante on considère une relation d’être humain à être humain sur un pied d’égalité. Les besoins de l’enfant sont aussi importants que ceux du parent et l’objectif est de travailler dans la coopération et la non-violence. Bien souvent dans le modèle traditionnel la façon d’éduquer utilise deux techniques. On trouve l’autoritarisme d’une part, qui consiste à imposer la volonté de l’adulte (par la force, la punition, le chantage, le fait de crier, etc.). Et d’autre part on trouve le laxisme où c’est l’enfant qui va imposer sa volonté à l’adulte. Dans le premier cas, seuls les besoins des parents sont respectés, dans le second cas, seuls les besoins des enfants sont respectés. Et souvent, en tant que parent, on se retrouve à faire le va-et-vient entre ces deux méthodes. On va pratiquer l’autoritarisme puis le laxisme lorsque le premier échoue. La raison est que nous n’avons finalement pas d’autre pédagogie à notre disposition ! Et cela génère souvent de la frustration et une grande culpabilité chez les parents. L’éducation positive se situe tout simplement au « milieu » de cette échelle éducative. Les besoins de l’enfant et ceux du parent sont respectés. Dans le modèle « classique » on cherche à obtenir l’obéissance de l’enfant, à le conformer rapidement aux normes sociales. On souhaite qu’il accède à nos demandes de manière instantanée. On cherche à obtenir l’image de l’enfant « bien élevé » au sens de cette éducation traditionnelle. En éducation bienveillante on privilégie l’apprentissage par la compréhension. Comme le respect des besoins de l’enfant est mis dans la balance, on ne lui impose pas un comportement par la force ou la peur. On utilise plutôt des outils qui permettent d’obtenir la coopération de l’enfant et d’établir une relation de confiance avec l’adulte. Rechercher l’épanouissement de chacun.

 

Education bienveillante : pourquoi parle-t-on d’éducation « bienveillante » ?

Mais qu’y a-t-il donc de « bienveillant » dans ce mode éducatif ? Et bien, tout d’abord, plutôt que de se focaliser sur les comportements « négatifs », ou comportements inappropriés de l’enfant, l’éducation positive va plutôt se concentrer sur la recherche de solutions et la valorisation des comportements positifs. Dans le même esprit plutôt que de sanctionner ces comportements inappropriés, on va être attentif pour comprendre ce qui se passe. On va pouvoir agir pour trouver comment accompagner son enfant et régler les problèmes ensemble, toujours sur une idée de coopération. Il s’agit de chercher des solutions qui fassent consensus, qui répondent aux besoins des parents et des enfants. De manière générale, l’éducation bienveillante vise à plus de plaisir éducatif, plus de plaisir dans la relation avec l’enfant et moins de stress.

 

Education bienveillante : pourquoi un tel engouement pour l’éducation bienveillante ?

On a longtemps considéré l’enfant comme un mini adulte, dont on pouvait déduire les motivations et fonctionnements sur le même modèle que l’adulte. Et comme un être à corriger, à modeler, avec cette idée que l’enfant aurait naturellement une part de mauvais en lui qu’il convient de modifier. Les concepts d’éducation positive et de bienveillance sont nés au début du XXème siècle notamment grâce aux travaux des psychiatres Alfred Adler et Rudolf Dreikurs et du Dr Maria Montessori qui prônaient plus de respect dans l’éducation des enfants. Dans les années 90, Jane Nelsen et Lynn Lott ont démocratisé dans leurs ateliers les travaux d’Adler et Dreikurs en créant le concept de Discipline Positive. Un livre référence est né de ces travaux « La Discipline Positive ». Récemment, en France ce sont la psychologue et auteur Isabelle Filliozat et la pédiatre Catherine Gueguen qui ont démocratisé le concept d’éducation bienveillante et non violente. Le livre « j’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat est d’ailleurs devenu un best-seller. Le livre « pour une enfance heureuse » De Catherine Gueguen permet quant à lui d’éclairer la bienveillance éducative à la lumière des découvertes en neurosciences. L’engouement pour ces techniques éducatives s’inscrivent également dans une mouvance de développement personnel. Les parents cherchent des conseils pour améliorer leur vie de parents dans le cadre d’un travail plus global.

 

Education bienveillante : concentré des meilleurs conseils dans ce domaine

  • Distinguer l’enfant de ses actes (pour ne plus poser d’étiquette).
  • Fixer les règles à l’avance et en collaboration (pour ne plus avoir à se répéter)
  • Utiliser les formulations positives pour dire ce que vous attendez (et non ce qu’il ne faut pas faire).
  • Reconnaître les émotions de l’enfant (au lieu de les nier).
  • Ne pas voir d’intention où il n’y en pas (au lieu de penser que votre enfant « vous cherche » ou « fait un caprice »).
  • Être souple en maintenant le cadre pour faciliter l’autonomie et la confiance en soi (au lieu de donner des ordres).

 

Pour de plus amples informations, nous vous proposons les définitions et les explications des termes : éducation positive, parentalité bienveillante et psychologie positive et parentalité.

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